L’activisme du petit colibri. (PARTIE 1)

Yooo les camarades moussaillons en manque d’action!

Maintenant que je suis reviendue, je ne voulais pas trop tarder pour vous parler d’activisme.
Je ne pense pas qu’un seul article pourra englober toutes les choses à dire dessus, donc ça va se faire par série.

Aujourd’hui, je vais vous faire ma petite anamnèse dans tout ça, et après quelques réflexions sur ma façon de voir les choses.
Les autres articles seront peut-être un peu plus pratico-pratique comme je vous l’avais annoncé, mais je trouve important de d’abord émettre quelques réflexions (qui seront approfondies en fonction des sujets dans d’autres articles).

C’est rigolo parce qu’à l’heure où j’écris ces lignes, je nage au milieu de pochoirs, de peinture, d’affiches faites maison car je suis assaillie par des actions, dont deux imprévues (merci chers dirigeants politique!), et je me demande si j’arriverai à bouclerl’article en temps et en heure avant la fin de la semaine. (et je dois trouver des viscères pour samedi) (comme ça tu sais tout aha)

Piquet de grève

Bon je vais essayer de ne pas vous saouler avec mon JteRaconteMaLife donc je vais tenter d’être brève.
J’ai débuté lors de ma terminale – oups c’était il y a 8 ans – . Avec une manif anti-nucléaire. Une bonne ambiance, des gens sympa. Ça y est j’avais mordu « à la rue ».
Par après l’université. Lors de ma première année, j’ai beaucoup marché, pour diverses causes : toujours contre le nucléaire, avec les Indignés, contre les violences policières, pour des actions au sein de mon université etc.
J’étais animée par un besoin de justice. J’aimais bouger *littéralement*. Ça me donnait une certaine ivresse de faire des choses bien. Peut-être que ça n’aboutissait pas, mais au moins, j’avais cette satisfaction, qu’au moins je faisais partie de ceux qui essayent de faire avancer les choses.
L’année d’après, alors que j’aimais mon statut d’électron libre –non affiliée à une quelconque mouvance politique réelle-, j’ai décidé de m’inscrire à un cercle politique de mon Alma mater. On peut dire qu’il y en a pas mal. Mais mon choix c’est porté avant tout sur le fond politique (quand même), mais aussi sur la réflexion et les actions. Ce que j’aimais chez eux, c’est qu’ils ne fonçaient pas dans le lard comme certains, mais se posaient 5 minutes avant de bouger. Car je ne voyais pas l’utilité de se précipiter tête baissée pour bloquer un C.A par exemple et s’y retrouver sans avoir une revendication claire et nette à avancer. Ce qui arrive plus souvent qu’on ne le pense.
Comme j’avais un peu d’expérience, on m’a proposé la place de coresponsable du groupe auquel j’avais été intégrée.
Ce fut plutôt salvateur.
J’ai appris à aiguiser mon regard critique sur l’actualité: de l’unif, de la Belgique mais aussi du monde. J’ai fais mes premiers tractages, envahi/bloqué, été en soutien aux piquets de grève et puis toujours les manifs. Le rôle de coresponsable m’a permit de voir comment ça fonctionnait de l’intérieur, à préparer des actions du début à la fin, quel message veut on faire passer? De quelle manière? Imaginer tous les scénarios possibles et inimaginables pour une campagne.
Dans le même élan, je suis devenue déléguée de filière, puis facultaire. Afin d’être sûre qu’il y ait un pont entre les autorités de l’université et les étudiants, qui malheureusement sont rarement tenu au courant de décisions odieuses prises dans leur dos.

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Allez, cours!

Tracter, coller, peindre, parler, expliquer. Toujours dans le respect de l’autre.
Rien que pour ça je ne regrette pas d’avoir fait un petit bout avec eux.
Après, mes revendications d’électron libre ont repris le dessus et j’en ai eu ras le bol de la hiérarchisation de ce groupe.
Donc j’ai repris mes bonnes vieilles habitudes. Dès qu’une cause/action me touchait, j’y allais, seule (on ne le reste jamais bien longtemps) ou bien avec des potes.
Je me suis faite arrêtée. Eu les poignets lacérés par les colsons que les flics avaient trop serré et refusaient d’enlever. J’ai eu des lacrymo dans la tronche. Plusieurs fois j’ai réussi à courir pour éviter d’autres arrestations.  Ah et j’ai planté des patates aussi. Comme quoi, parfois, on ne peut imaginer ce à quoi peut ressembler l’activisme.
J’ai aussi passé une semaine de workshop à la montagne avec des militants, où j’ai appris énormément de choses sur l’altermondialisme, la non-violence, le fauchage d’ogm, comment utiliser des matériaux pour l’activisme etc etc. Le tout saupoudré d’entraînements aux techniques de blocages et d’une ambiance bon enfant où tout le monde s’échange ses bons conseils et les succulentes anecdotes que l’on peut amasser avec ce genre d’activités.
Puis les hôpitaux sont arrivés, j’ai un peu suspendu tout ça, essayant de rattraper le retard de l’unif une fois sortie, ou alors juste complétement « plus à tout ça » à cause du retour un peu forcé chez ma mère.

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coucou je me cache sur cette photo

Un point important pour moi c’est la différence entre le militantisme et l’activisme. Je ne suis pas Larousse ou Robert mais, voici ma différenciation :
Militer c’est faire le « stricte minimum ». Marcher en groupe, scander quelques slogans, s’enrager un peu et puis rentrer chez soi. L’activisme est un cran au dessus en terme d’engagement. C’est presque un mode de vie, une fois qu’on est dedans on n’en sort pas et quoi que l’on fasse on agit souvent pour les causes défendues dès que l’on sort de chez soi : ça peut se percevoir par le discours que l’on tient, mais aussi par les actions faites, plus nombreuses et peut-être plus ciblées que lorsqu’on est militant.
Ceci étant dit, je n’ai rien contre le militantisme au sens où je l’entend. Je l’ai moi même été, et si on débute c’est normal de passer par là et même si je trouve que l‘activisme est quelque chose d’essentiel de nos jours, je ne jetterai pas la pierre à quelqu’un qui ne veut se jeter corps et âme dans les actions, risquer de lourdes peines pour des causes. Chacun fais ses choix, j’ai personnellement décidé d’aller au bout des choses et d’allier ma pensée et mes actes h24 et non pas mettre ma casquette en manif et l’enlever une fois qu’elle est finie. Nope.

Je reviendrai dans un article sur la désobéissance civile, l’historique et tout parce que c’est important et intéressant, mais c’est un trop gros morceau que pour le cerner complètement ici.
De nouveau pour moi, la désobéissance civile est un moyen qu’ont les citoyens de faire valoir leurs droits, leur voix, de manière peut-être illégale, mais c’est le dernier recours lorsqu’on a tenté autrement (ou le premier lorsque l’on sait que le chemin légal n’amènera à rien). Ce sont donc pour moi  des actes légitimes.
Je ne suis pas d’accord avec ceux qui disent que l’on ne peut parler de désobéissance civile en démocratie. Certes, ce n’est pas la même chose que les résistants des dictatures, mais c’est kiff kiff pareil. Il n’y a pas de gradation dans l’injustice. Il y a abus dans les décisions des politicards et la désobéissance civile n’en est que la réponse. Ce sont en général des actions pacifistes, prônant la réflexion des concitoyens. Par tel ou tel geste, on espère simplement que ça en réveillera plus d’un.
C’est là que les choix des messages sont importants.
Ce sont donc aussi bien souvent des actions illégales.
Mais pas que. Vous savez ce que j’englobe dans la désobéissance civile? Faire son potager par exemple! Qui a t’il de plus merveilleux que de niquer l’état en détournant ses pièges de consommation? Car ça s’applique aussi à ceux qui font tout eux même, qui choisissent des alternatives, etc. et qui ainsi ne vont pas nourrir les poches de ceux qui tentent de nous empoisonner (et nous piquer du fric).

Voilà pour la désobéissance civile se sera tout, sinon je risque de ne pas m’arrêter! (c’est horrible j’ai tellement de choses à dire)

Centre fermé

Puis viens la notion de colibrisme.
Moussaillon, enfile ton plus beau plumage, il est temps de devenir un petit colibri.
Le colibrisme est initié par Pierre Rabhi.
On pourrait dire, que ce mouvement tire sa base, où du moins son concept, d’une vieille légende amérindienne:

Un feu de forêt décime une colonie d’animaux. Évidement ceux-ci s’échappent et contemplent de loin le désastre. Tous, sauf le petit colibri qui s’esquinte à faire des allers-retours entre la rivière et la forêt, prenant avec lui quelques gouttes d’eau à chaque fois.
A un moment donné, les autres animaux ne purent s’empêcher de se moquer de lui, et des ses quelques gouttes qui n’allaient jamais éteindre le feu. Ce à quoi notre valeureux oiseau répondit : « Peut-être, mais je fais ma part« .

Ce mouvement jouit depuis quelques temps d’une certaine notoriété et tant mieux.
Je trouve que c’est un principe à appliquer dans sa vie de tous les jours.
Dans mon activisme, c’est la base même de mes pensées. Surtout lorsque j’agis seule et que j’apparais comme un Don Quichotte pour les autres qui n’hésitent pas à me le faire remarquer.
Combien de fois je n’entends pas « ça ne sert à rien« , « faut voir plus grand » , « faut faire ci, faut faire ça ». Tout ça venant la plupart du temps de personnes, confortablement installées dans leur petit divan et pestant envers et contre tout, que ce soit les problèmes de la société mais aussi contre ceux qui essayent de changer les choses. Ce ne sont pas eux qui iront dans la rue, qui iront à la rencontre des gens pour essayer de leur ouvrir les yeux.
Ces gens là, honnêtement m’énerve, me sorte par tous les trous, m’exaspère.
Heureusement, l’écrivain Frisch, nous a pondu une phrase merveilleuse :
« Pire que le bruit des bottes, le silence des pantoufles ». Pan dans tes dents.

Bon, ce n’est pas le sujet ici, revenons-en à nos oiseaux. Tout ça pour dire, qu’il n’y a pas de petites actions. Ni une cause plus grande qu’une autre. Et même si on ne touche qu’une personne, alors on a gagné. Car cette personne à son tour en parlera, conscientisera, touchera à son tour une autre personne et hop l’éveil s’agrandit.
Alors oui on peut faire des petites actions tout seul. Que ce soit coller quelques affiches, écrire une petite phrase sur un mur, coller des stickers, laisser des mots dans les magasins. Évidemment avec ce type d’action on a pas de réel retour. Bien que bien que … c’est toujours gratifiant de voir son travail relayer par la « presse » locale :)
Dans un prochain article je vous donnerai quelques filons pour vous lancer seul, de façon à ne pas vous cramer directement les ailes.
Mais donc retenez vraiment ceci : il n’y a pas de petites actions, aucune cause n’est perdue d’avance : il suffit d’un grain de sable pour enrayer une grosse machine.

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La violence.
Quand j’avais bien commencé l’ébauche de cet article, je suis tombée sur un article du blog Tribulations d’une quinqua, relatant des appels à la haine concernant l’affaire Théo. Qu’on réclame justice, oui. Qu’on se rassemble pour dénoncer les violences policières, mille fois oui. Mais appeler au « foutre le boxon« , non.
Il ne va pas s’en dire que je condamne ce genre d’actes. De un car je suis quelqu’un de foncièrement pacifiste. Même si je participe à des actions qui sont plus « chocs », avec un côté visuel « violent » ou quoi, ça reste de l’action directe non violente.
Bien souvent nos manifestations sont assaillies de membres des « black block » et consorts qui ne cherchent qu’une chose : foutre la merde, cramer des bagnoles, péter du flic,etc.
Ça a le malheur de décrédibiliser la manifestation et son message, ça nous fait mal voir de la population qui ne peut scinder les différents groupes et met tout le monde dans le même paquet.
Alors certes il y en a qui font ça d’eux mêmes. Ayant bossé dans une maison de jeunes, je sais que certaines personnes aiment tout simplement casser la gueule à d’autres, choisies … au hasard.
Après, faut pas se leurrer non plus. Je ne fais pas partie de complotistes, mais, il y a énormément de politique là derrière. Faut pas croire, certains partis (en général des bons gros nationalistes), aidés par nos bons et braves flics, envoient leurs cohortes foutre le boxon dans le seul but de décrédibiliser, que les gens aient peur, et finissent par voter l’innommable.
A prendre ou à laisser, ce n’est que mon avis.

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Photo de famille. (et alors, honnêtement, cette « tortue » ne sers à rien, on est bien trop nombreux ahaha). (crédit photo: agence Belga)

Et quid de maintenant pour ma part?
J’ai décidé de me consacrer essentiellement à une cause et arrêter de m’éparpiller et courir dans tous les sens à toutes les actions. Déjà rien qu’avec une, on est pas mal occupé.
Même si je reste proche de certaines causes qui me feront encore bouger (antifa, contre les violences policières, le ttip/ceta, les squats et le droit au logement pour tous, l’écologie de manière générale, l’alimentaire, la réappropriation des espaces publics, l’artivisme, anti prison/centre fermé, les zad, l’abolition des frontières,etc.)
Alors pourquoi une? Tout simplement car, je ne suis pas une encyclopédie sur pattes. Je ne peux me spécialiser dans tout. Or, je trouve important que lorsqu’on manifeste, on ait de la suite dans les idées, ne pas faire le mouton (car y’en a dans ce genre de milieu hein!) et ne pas savoir pourquoi on est là. C’est essentiel, il faut se parer à toutes les questions possibles et inimaginables, et même si on est pas omniscient, ça la fout mal quand même de ne pas savoir répondre concrètement à l’une ou l’autre question. Donc oui, il faut potasser. Bien ingérer le sujet pour mieux le rendre accessible. Devenir spécialiste, pour mieux le vulgariser. Car bien souvent, ça concerne aussi des causes aux jargons et enjeux alambiqués, où beaucoup de gens décident de ne pas donner suite, car c’est compliqué.
Et puis, comment rallier les gens à notre cause si on ne sait pas l’expliquer de manière claire et concise? Il faut de l’assurance (et pas la feindre par pitié), et pour l’avoir, c’est simple, il faut simplement connaître.
Et donc ma cause à moi, c’est tout simplement l’antispécisme. J’y suis venue naturellement, d’abord car ça a toujours été une cause qui me tenait particulièrement à cœur, mais aussi car je me suis fortement éloignée de la politique pendant un an et demi. Et quand j’ai voulu revenir dans le jeu de quilles, j’ai eu envie d’avancer, de changer aussi d’entourage et de m’entourer de gens qui pensent comme moi (aka le véganisme et compagnie, car c’est pas toujours évident de vivre avec des omni-carnistes) et qui surtout ont le même sens de justice et d’égalité que moi. Qui a t’il de plus noble que d’entrer en guerre pour ceux qui ne peuvent malheureusement se défendre seuls, car la société les a tout simplement réduits au statut d’esclaves, de choses inférieures et juste bonnes à n’être que de la marchandise?
Et puis derrière le côté « gnangan » que beaucoup ont comme vision de l’antispécisme (« coucou je défends les zanimo cro mignon kikooloool« ) (ce qui n’est absolument pas le cas) c’est finalement aussi la cause qui englobe pas mal de choses, d’un point de vue écologie, mais aussi avancées sociales.
Bref, ceci aussi mérite un article à part entière.

Bon, je pense avoir fait le tour pour ce qui est du préambule! Eh ouais, je reviens vous expliquer tout ça en profondeur dans les semaines à venir!

Piège à flics en garde à vue. Astuce numéro 1 : TOUJOURS AVOIR DES BANANES!


N’hésitez pas à me faire part de tel ou tel sujet que vous voudriez voir développés, car forcément je ne pense pas à tout non plus, certaines choses vont me paraître évidentes et sont donc peut-être passées à la trappe!

Au programme pour la suite de cette série:
Agir seul (colibrisme) ou en groupe(« l’union fait la force ») ?
Quelques idées pour faire le colibri
Actions directes non violentes
Désobéissance, incivilité?
L’abolitionnisme

Camarade Moussaillon, je te laisse, j’ai des affiches à coller (et un cheesecake à préparer).
Ceci dit, je serai ravie de lire tes expériences sur le sujet!!
Salutation Moussaillon!

Vue depuis l’intérieur d’un cachot.

 

(hourra j’ai réussi à tout concilier!)

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Dimanche on glande – le bonheur c’est simple –

Hey Moussaillon!

Ca y est mon horrible jour de la semaine est arrivé. Horreur Malheur, Effroi!

Non mais j’ai plein de trucs à faire, donc c’est plutôt chouette, enfin  je suis sensée apprendre à me poser mais huuum j’y reviendrai très vite là dessus, avec un article en lien avec le 30-DMC, et, cet article-ci est une parfaite passerelle pour lier les deux.

Mais là où je progresse et où j’aurai pu te pondre un truc tout neuf, et ben non, j’ai décidé de (re)partager un article que j’avais posté sur mon ancienne chaloupe (d’où le on glande dans le titre, même si ce copier-coller va juste me permettre d’écrire l’autre article ahaha).

Bon, je suis désolée pour les mouss qui l’aurait donc déjà lu. Mais une petite redite sur ces choses essentielles ne peut faire de mal.

Je profiterai aussi de ce billet pour vous mettre ces fameuses photos du bienfait d’avoir quitté le cercle vicieux de la psychiatrie traditionnelle!

Lire la suite de « Dimanche on glande – le bonheur c’est simple – »

Hey Moussaillon : Pleine conscience – simplicité volontaire – minimalisme – mise au point de milieu d’année et patati ; ça te dis un ptit défi?

Premier juillet…

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