Captain Fracass(é)e au nom de la bienséance collective.

 

27 Juillet 2016

06h30.

Il pleut.

La claque ; le coup fourré ; l’escarmouche .
J’ai l’impression d’être dans un mauvais remake de Peter Pan.

Je vais devoir porter un masque chez moi.J’ai 26 ans. Je suis une adulte responsable, apte à prendre des décisions, gérer sa vie administrative, ayant un minimum de réflexion, sachant tenir un discours avec vocabulaire adapté en fonction de la situation.

J’ai 26 ans. Je suis adulte. Je le sais et je le vis pleinement. Sans me plaindre des inconvénients que cela engendre car à côté il y a moult avantages : normalement, être prise en considération en tant qu’individu, avoir un certain libre arbitre, …

Malheureusement le monde n’est pas très beau. Il suffit de consulter n’importe quel média en ce moment.
Alors c’est vrai, que pour survivre dans ce monde hostile et gris où l’égoïsme et l’individualité règnent en maîtres, je me suis forgée une carapace.
Dit comme ça, ça fait très guerrier lourd de métal.
Mais ma carapace n’est pas une chape de plomb contrairement à la société.

Non, elle est toute légère, comme cette ritournelle, où le Merveilleux, la poésie et le magique se rencontre chaque jour.
Je me lève chaque matin en sachant que c’est un jour nouveau et tente de découvrir les choses comme si c’était la première fois.

Depuis que je suis rentrée ici fin janvier, j’ai décidé de vivre en parfaite transparence avec les deux bipèdes qui m’accompagnent. De leur ouvrir ma bulle, sans faux semblant, en espérant que cet air frais leur apporterai quelques petits bonheurs quotidien (sans prétention aucune ceci dit).
J’ai essayé tant que j’ai pu de rendre la routine festive pour que justement l’ordinaire devienne un peu extraordinaire.

Mais Boum.

Collapse.

La bulle a éclaté hier.

Ce petit monde magique n’est pas convenable pour mon âge.
Ce côté enfantin émerveillé pour un rien n’est pas adéquat et jugé comme maladif.

Il le serait si je n’en avais pas conscience. Mais autant pisser dans un violon que d’essayer de le faire comprendre. Que c’est juste une façon plus simple d’avancer et de me relever quand je trébuche, surtout en ce moment avec la crapule.
De toute façon, en tant que malade, ma capacité de jugement s’est nettement amoindrie à leurs yeux.
D’autant plus qu’on parle de maladie mentale.
Voilà le beau raccourci dans leur tête équivalent au truisme 1+1=2.

Tout à commencé le jour du coiffeur. Et la joute s’est terminée en beauté hier.
Collision à son paroxysme.

Boum Boum Chernobyl.

Allez, soyez sérieuse Mademoiselle. Présentable et Responsable.

Alors je leur ferme à quadruple tours ma bulle. Port du masque (de plomb ce coup-ci) obligatoire à la frégate. Redevenir comme avant. Une étrangère chez soi et se plier aux bonnes mœurs de la sororité.
Reporter ce masque qu’on avait été heureuse d’enlever.Et qu’on pensait ne jamais devoir remettre.

En route mouton pantin. Et souris.

14 juillet 2016.

Adieu magie
Adieu poésie
Adieu écoute des cinq sens
Adieu Ubu
Adieu clochettes et carillons
Adieu baleines et libellules
Adieu malice
Adieu morphée
Adieu étoiles filantes et pirates fous
Adieu technicolor
Adieu odeur fraises des bois
Adieu bateau de papier
Adieu collection de plumes et de cailloux
Adieu monde enchanté
Adieu égalité entre tous
Adieu musique perpétuelle
Adieu lait fraises
Adieu aventure au coin de la rue
Adieu va-nu-pied
Adieu spontanéité
Adieu joyeux désordre
Adieu lutin
Adieu dino
Adieu Rawr
Adieu Capucine
Adieu nuages et oiseaux

Il va falloir descendre l’escalier. Mais plus par la rampe. Par les marches.

Tout est parti d’une phrase banale.D’un stupide « quand je serai grande ⌊ … ⌋ » un peu trop souvent répété.
Une phrase.
Une conclusion.
Logique imparable des suivistes d’aujourd’hui.

Adieu forêt et manège. Océan et trésor de perles de bois.

Mais non Peter et vous mes Moussaillons. Rassurez-vous. Je reste là. Derrière le masque. Ma bulle reste ouverte à quiconque. Sauf à ces personnes, pour qui ça restera scellé.

Je garde mes plumes et ma liberté. Mon grand air et ma soif de vivre.
Il me reste ma tête, mon petit monde, il me reste ces pages.
Je n’ai pas besoin de ce troupeau.
Elles ne m’auront pas.

Mais je ferai semblant, pour la paix des peuples.
Et on me reprochera mon sérieux, mon sourire absent et le néant émotionnel.
Dans le stoïcisme je suis passée ceinture noire.
Pas de bol pour vous, petits oignons bien rangés

C’est triste quand même de devoir se cacher chez soi.

Ce matin se sera

« -Bonjour.
Il pleut. »

Mais dans ma tête résonnera le « il mouille c’est la fête à la grenouille« .

Mais aujourd’hui je grandis alors.
Double Je.

Ça va être drôle.

Mais rassure-toi, ici c’est toujours Moi.
Je ne lâche pas l’affaire comme ça. La musique et les lanternes sont toujours allumée. Regarde juste le fond de mes yeux et tend l’oreille.
Derrière cet hideux masque trop lourd les étoiles et les ritournelles sont toujours là.

 

 

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2 commentaires sur « Captain Fracass(é)e au nom de la bienséance collective. »

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